Présentatinon

  • Objectifs

Après le succès du Congrès International 2009 « L’Intégration de l’Agriculture durable, du Développement Rural et des Écosystèmes au Défi des Crises Alimentaire, Climatique et Énergétique Mondiales », qui a eu lieu à Agadir en novembre 2009, cette deuxième édition a pour objectif de permettre le débat dans le contexte des thématiques présentées ci-dessous en prenant en compte les avancées récentes. ICCAFFE2011 est l'un des rares forums mondiaux à mettre l’accent sur le climat, l'agriculture, la sécurité alimentaire, la pêche et les écosystèmes selon une approche interdisciplinaire et une perspective Nord-Sud. Il vise à réunir des participants originaires de différentes contrées pour partager les résultats de leurs recherches et expériences pertinentes; contribuer à la conception des agendas de la recherche et de la décision de demain ; et explorer les possibilités de réseau en relation avec les thématiques retenues. Les participants aborderont également les lacunes des connaissances actuelles ; présenteront les résultats des initiatives de recherche aux décideurs; apporteront une contribution significative à la construction des futurs possibles et les priorités inhérentes, et exploreront la voie à suivre dans un monde où les défis sont de plus en plus visibles et les actions correctives de plus en plus requises.

  • Public cible

Le congrès s’adresse aux chercheurs et les experts des institutions des pays du Nord et du Sud et issus d’un large éventail de disciplines dont les sciences sociales, l'écologie, la météorologie, l’agronomie, sciences de l'ingénieur, sciences de la mer, etc. Le but étant d'enrichir et d'élargir les échanges scientifiques de manière interdisciplinaire. Le deuxième groupe cible prioritaire du Congrès est composé des décideurs. Les parties prenantes de tous les domaines pertinents en fonction des thèmes du Congrès (notamment les ministères et autres institutions nationales et territoriales, les organisations professionnelles, institutions de développement et les ONG) seront étroitement impliquées dans les débats. L'échange et l'interaction entre les deux sphères d'acteurs (recherche/expertise) sont au cœur des objectifs du présent Congrès.

Puisqu’il est temps d'agir pour s'attaquer d'urgence aux défis actuels (tels que le changement climatique, l'insécurité alimentaire, l'épuisement des ressources naturelles), le Comité organisateur invite les décideurs aux niveaux nationaux et international à prendre activement part aux travaux du Congrès. L'objectif principal étant de créer des ponts solides entre la recherche-expertise et la décision. Dans ce sens, le Comité organisateur organisera La « Journée d’interaction recherche-politique »  pour favoriser l'échange et l'interaction entre deux catégories d'acteurs concernés (chercheurs et  décideurs), déjà au cœur des objectifs de l’ICCAFFE2011. En organisant cette  Journée, et en réunissant chercheurs, experts, ministères, organisations professionnelles et de développement, ONG, services de conseil, le Congrès vise à renforcer la collaboration entre les sphères scientifique et politique. À cette fin, les décideurs profiteront, entre autres, d'un accès gratuit aux documents et sessions du Congrès.

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  • Contexte Global

1.  Conférence de Copenhague sur le climat: Déception et résultats insatisfaisants

Le changement climatique constitue un thème particulièrement important sur les plans écologique, économique et géopolitique au 21e siècle. Il pourrait même être à l’origine de la réécriture de l'équation globale de la prospérité, du développement et de la paix, a déclaré Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, juste avant la Conférence de Copenhague sur le Changement climatique en Décembre 2009. Les résultats insatisfaisants de ce Sommet prometteur ont entraîné un sentiment de déception dans le monde entier. La grande déception a résulté de l'échec de la Conférence d'arriver à une entente ayant force d’obligation pour faire face au changements climatique, surtout que les 191 pays, y compris un nombre sans précédent de chefs d'État, s’étaient réunis pour définir des objectifs à long terme par rapport au changement climatique et des cibles communes de réduction des émissions. L'ère post-Copenhague appelle donc à la réinvention des approches et des pratiques en matière de recherche, d'innovation et de politique. La Conférence d’Agadir sera une occasion propice pour stimuler le débat et les initiatives dans ce sens.

2.  Crise alimentaire et fragilité de la gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire

La crise alimentaire, qui continue de secouer la communauté mondiale, a mis en évidence la fragilité de la sécurité alimentaire mondiale, la gravité des conséquences de la faim, et l'inefficacité des différentes politiques et programmes visant à assurer la sécurité alimentaire durable. Les crises économiques ont mis aussi en évidence à la fois la nécessité urgente et le potentiel pour le développement d’un système agro-alimentaire durable. Plus d'un milliard de personnes, soit un sur six dans le monde, n'ont pas accès à une nourriture adéquate et suffisante aujourd'hui. En 2050, il est prévu que la population mondiale atteigne 9,2 milliards, et la demande pour les produits agricoles devrait doubler. Dans les années à venir, les systèmes agro-alimentaires devront faire face à des contraintes croissantes liées à la rareté des ressources et au changement climatique, augmentant ainsi le risque de déficit de production. Bien que des progrès substantiels puissent être réalisés grâce à l'amélioration des technologies, des politiques, des infrastructures et des investissements, il faudra un niveau exceptionnel de collaboration entre les intervenants dans la chaîne de production agricole, et, notamment, entre les agriculteurs, les consommateurs, les gouvernements, les entreprises, la société civile et les organisations multilatérales.

En outre, l'élimination de la faim dans le monde apparaît essentielle non seulement pour des raisons éthiques et humanitaires, mais également pour ses implications sociétales. Elle apparaît effectivement comme une condition préalable au développement économique et social. Des événements récents ont aussi montré que la sécurité alimentaire était une condition nécessaire pour la paix et la sécurité mondiale. Malheureusement, malgré tous les engagements internationaux, les derniers chiffres sur la faim dans le monde et la malnutrition font apparaître que la situation actuelle est encore plus préoccupante que jamais. Et malgré les difficultés financières rencontrées par de nombreux pays concernés, les investissements agricoles et les filets de sécurité demeurent les éléments clés d'une riposte efficace contre l'insécurité alimentaire. Cependant, l’augmentation de la malnutrition, même avant les dernières crises alimentaire et économique, suggère que les solutions actuelles sont insuffisantes et que le droit à l'alimentation lié à la souveraineté alimentaire a un rôle important à jouer dans l'éradication de l'insécurité alimentaire.

3.   Appauvrissement de la biodiversité marine mondiale: Implications en termes de sécurité alimentaire et de services écosystémiques

La mer couvre plus des deux tiers du globe et revêt une importance cruciale pour la diversité biologique, les activités commerciales (telles que la pêche et le tourisme), en plus de son rôle dans la régulation du climat. Malgré son importance cruciale pour la survie de l'Humanité en termes de sécurité alimentaire et de fourniture de services écosystémiques, la biodiversité marine mondiale et les stocks de poissons sont en danger à cause de la surexploitation, de la dégradation environnementale et des impacts du changement climatique d'origine anthropique. Pour inverser cette tendance, le Plan d'action issu du Sommet de Johannesburg avait déjà appelé à la création d'aires marines protégées. Cependant, l'ampleur de la surpêche et de la pollution est souvent négligée dans les relations internationales, compte tenu des réclamations concurrentes de la déforestation, de la désertification, de l'exploitation des ressources énergétiques et d'autres causes d’appauvrissement de la biodiversité. La croissance rapide de la demande en poisson et en produits de la mer conduit en permanence à des prix de plus en plus élevés. De plus, les investissements dans le domaine de la pêche sont devenus de plus en plus attrayants pour les entrepreneurs et les gouvernements. Ceci se fait au détriment de la pêche artisanale, des communautés de pêcheurs du monde entier et de la biodiversité des écosystèmes marins.

4.  Changement climatique, biodiversité végétale, et écosystèmes forestiers

La perte de biodiversité s'accélère actuellement en dépit d'une convention mondiale engageant les gouvernements à enrayer son déclin. De nombreux experts affirment que le rythme de disparition des espèces et des habitats est de plus en plus élevé et qu’il est urgent de renforcer la recherche qui aide scientifiques et décideurs à mieux lutter contre ce phénomène. Consciente du défi, l'ONU a déclaré 2010 « Année internationale de la biodiversité (AIB) ». Tout au long de l'année, des initiatives seront organisées pour diffuser l'information, promouvoir la protection de la biodiversité et encourager toutes les parties concernées à prendre des mesures concrètes pour réduire la perte constante de la diversité biologique dans le monde entier.
Le lien entre les défis relatifs au changement climatique et ceux relatifs à la perte de biodiversité est désormais avéré. Le changement climatique sera un facteur important de l'érosion génétique dans l'avenir, menaçant à la fois la survie des espèces individuelles et perturbant l'interaction entre les différents éléments de la biodiversité et les systèmes agro-alimentaires. Or les écosystèmes fournissent des "services" - tels que la pollinisation, la fertilité des sols et la lutte biologique contre les plantes et les maladies des animaux - qui sont essentiels pour la production alimentaire. Les petits agriculteurs seront durement affectés par la modification desdits services. Cette perte irréversible de la biodiversité pourrait avoir des répercussions graves sur la sécurité alimentaire mondiale. Par conséquent, la conservation de la biodiversité pourrait contribuer à la sécurité alimentaire tout en aidant à l’adaptation de l'agriculture au changement climatique. Pour ceci, des efforts coordonnés doivent être entrepris au niveau national et international.